Entretien avec le ministre des affaires micromondiales
Posté : 31 janv. 2026, 12:41
Le ministère des Affaires micromondiales de Kiow occupait un bâtiment massif, à la façade régulière, presque austère, dont les pierres sombres retenaient encore l’humidité de la nuit. À l’heure convenue, la voiture de l’ambassade s’engagea dans l’allée latérale réservée aux délégations, franchit un premier portail, puis s’immobilisa sous un auvent discret où attendait déjà un agent du protocole.
Tisziàna Nanìn descendit la première. Manteau fermé, dossier rigide sous le bras, elle ajusta une seconde sa posture avant de s’avancer.
« Madame l’Ambassadrice, bienvenue au ministère. »
L’agent s’inclina légèrement, puis présenta son badge.
« Je suis chargé de vous accompagner jusqu’au salon d’attente protocolaire. Nous procéderons aux vérifications d’usage avant l’audience. »
Tisziàna répondit par une formule sobre et attendue.
« Je vous remercie. Je suis à votre disposition. »
Le contrôle de sécurité se fit en silence. Les gestes étaient précis, répétés, sans brutalité : vérification du registre d’accès, passage du portique, inspection rapide du dossier de transport. Le portefeuille diplomatique, lui, resta sous sa garde et ne quitta pas la main de l'ambassadrice. Une fois le contrôle franchi, les couloirs intérieurs s’ouvrirent, longs, clairs, ponctués de tapis sombres et de portraits officiels. Le protocole menait sans hésitation. À chaque embranchement, un agent attendait, indiquant d’un signe bref la direction, comme si l’itinéraire était une chorégraphie préparée. Ils atteignirent un salon de réception au mobilier sobre : fauteuils alignés, table basse, carafe d’eau, quelques documents posés à disposition. Sur un guéridon, un registre était ouvert, stylo à côté. L’agent du protocole s’effaça d’un pas pour lui laisser la place.
« Madame l’Ambassadrice, je vais procéder à l’enregistrement de votre présence. Pour l’audience, l’ordre sera le suivant : entrée sur annonce, salutations, puis remise des lettres de créance. Après la séquence protocolaire, Monsieur le Ministre vous proposera de vous installer pour l’entretien. »
Tisziàna acquiesça, sans commentaire.
« Très bien. »
Elle signa le registre d’une écriture nette, puis vérifia une dernière fois l’intégrité du dossier : l’original des lettres de créance, les copies certifiées, la note verbale d’accompagnement, et un court mémo de points d’ouverture pour la discussion à venir. Tout était à sa place, classé par ordre de remise. Un second agent entra, s’inclina à son tour.
« Madame l’Ambassadrice, le Ministre vous recevra dans quelques instants. Souhaitez-vous que nous annoncions la délégation albanovaise dans son intégralité ou uniquement votre nom pour la séquence initiale ? »
« Mon nom seul pour la remise, » répondit-elle calmement. « La délégation me rejoindra ensuite pour l’entretien, si le Ministre en convient. »
Le protocole nota, puis se retira. Dans le silence revenu, Tisziàna Nanìn resta assise quelques secondes, sans consulter l’horloge. Elle ne répétait pas un discours : elle ordonnait les étapes. La remise des lettres de créance serait le geste d’ouverture, le signal officiel. Ensuite seulement viendrait l’essentiel : poser les bases, cadrer les termes, et entamer la négociation d'un traité de reconnaissance mutuelle. La porte s’ouvrit à nouveau, et une voix, à mi-distance, annonça :
« Madame l’Ambassadrice… »
Tisziàna Nanìn descendit la première. Manteau fermé, dossier rigide sous le bras, elle ajusta une seconde sa posture avant de s’avancer.
« Madame l’Ambassadrice, bienvenue au ministère. »
L’agent s’inclina légèrement, puis présenta son badge.
« Je suis chargé de vous accompagner jusqu’au salon d’attente protocolaire. Nous procéderons aux vérifications d’usage avant l’audience. »
Tisziàna répondit par une formule sobre et attendue.
« Je vous remercie. Je suis à votre disposition. »
Le contrôle de sécurité se fit en silence. Les gestes étaient précis, répétés, sans brutalité : vérification du registre d’accès, passage du portique, inspection rapide du dossier de transport. Le portefeuille diplomatique, lui, resta sous sa garde et ne quitta pas la main de l'ambassadrice. Une fois le contrôle franchi, les couloirs intérieurs s’ouvrirent, longs, clairs, ponctués de tapis sombres et de portraits officiels. Le protocole menait sans hésitation. À chaque embranchement, un agent attendait, indiquant d’un signe bref la direction, comme si l’itinéraire était une chorégraphie préparée. Ils atteignirent un salon de réception au mobilier sobre : fauteuils alignés, table basse, carafe d’eau, quelques documents posés à disposition. Sur un guéridon, un registre était ouvert, stylo à côté. L’agent du protocole s’effaça d’un pas pour lui laisser la place.
« Madame l’Ambassadrice, je vais procéder à l’enregistrement de votre présence. Pour l’audience, l’ordre sera le suivant : entrée sur annonce, salutations, puis remise des lettres de créance. Après la séquence protocolaire, Monsieur le Ministre vous proposera de vous installer pour l’entretien. »
Tisziàna acquiesça, sans commentaire.
« Très bien. »
Elle signa le registre d’une écriture nette, puis vérifia une dernière fois l’intégrité du dossier : l’original des lettres de créance, les copies certifiées, la note verbale d’accompagnement, et un court mémo de points d’ouverture pour la discussion à venir. Tout était à sa place, classé par ordre de remise. Un second agent entra, s’inclina à son tour.
« Madame l’Ambassadrice, le Ministre vous recevra dans quelques instants. Souhaitez-vous que nous annoncions la délégation albanovaise dans son intégralité ou uniquement votre nom pour la séquence initiale ? »
« Mon nom seul pour la remise, » répondit-elle calmement. « La délégation me rejoindra ensuite pour l’entretien, si le Ministre en convient. »
Le protocole nota, puis se retira. Dans le silence revenu, Tisziàna Nanìn resta assise quelques secondes, sans consulter l’horloge. Elle ne répétait pas un discours : elle ordonnait les étapes. La remise des lettres de créance serait le geste d’ouverture, le signal officiel. Ensuite seulement viendrait l’essentiel : poser les bases, cadrer les termes, et entamer la négociation d'un traité de reconnaissance mutuelle. La porte s’ouvrit à nouveau, et une voix, à mi-distance, annonça :
« Madame l’Ambassadrice… »